Actualités — 3 décembre 2018 at 1 h 29 min

Sortie en salle de « PIG » (2018) de Mani Haghighi

Ce mercredi 5 décembre sort en salle PIG, le septième long métrage de Mani Haghighi. Présenté au dernier festival de Berlin en février 2018, le film apparaît comme une oeuvre à part dans le cinéma iranien à la fois ébouriffante et déjantée. On pourrait le décrire comme un Huit et demi punk, un Deconstructing Harry définitivement destroy, qui aborde le milieu du cinéma, des réseaux sociaux et de la célébrité en Iran. L’opus nous donne à voir dans des rôles inhabituels, et quasi-cartoonesques, Leila Hatami et Ali Mosaffa, et dans le rôle principal Hasan Majooni, extraordinaire dans la peau de ce réalisateur boudeur, vieil adolescent épris d’Heavy Metal, père de famille mais vivant avec sa mère avec qui il s’exprime en dialecte azéri. Baroque, gore et provocateur, PIG est également un film poétique magnifiant ses interprètes, en particulier Leila Hatami en ange du bizarre.

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C’est à travers ces contrastes, qui laissent sans voix, que le film trouve son équilibre. Récit d’un « serial killer » qui s’en prend aux metteurs en scène et acteurs iraniens de renom, PIG traduit le besoin de reconnaissance et la lassitude de la cinquantaine. Cinéaste en délicatesse avec le régime qui n’a plus tourné depuis deux ans, Hasan ne comprend pas pourquoi le tueur ne s’en prend pas à lui. Ne serait-il pas suffisamment célèbre ? Passant d’un plateau de tournage d’un spot publicitaire pour un insecticide à un bal masqué, le film nous entraîne dans une folle sarabande, disséminant ici ou là des références à l’Histoire iranienne : le fusil de Sattar Khan, héros de la révolution constitutionnaliste de 1906, originaire de l’Azerbaïdjan comme Hasan et sa mère, le gynécée de Nasseredine Shah incarné par de jeunes éphèbes à moustache, Reza Khan, tenant un plateau d’argent. Tant d’images pourraient déconcerter. Il n’en est rien tant le film électrise son public et emporte l’adhésion.

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En septembre 2018, PIG remporta l’Amphore d’or du festival international du film Grolandais de Toulouse. Une première pour un film iranien ! Il est étonnant de voir à quel point le long métrage appartient à l’univers de Groland.

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Samedi 1er décembre à Argenteuil au cours d’une soirée en présence de Bamchade Pourvali, directeur du site Iran ciné panoramaMani Haghighi reçut de Guillaume Louradour, sélectionneur du festival Grolandais de Toulouse et programmateur du Figuier Blanc qui accueillait le réalisateur, le prix signé par l’ensemble des membres du jury.

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Mani Haghighi succède ainsi, entre autres, à Sacha Baron Cohen et Roy Andersson et s’impose dans une compétition qui comprenait neuf autres films.

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La folie PIG peut commencer !