Réalisateurs — 14 septembre 2017 at 21 h 47 min

Ebrahim Golestan

Ebrahim Golestan

1922, Shiraz

Réalisateur, écrivain, scénariste, producteur

Issu d’une famille d’érudits religieux et d’intellectuels, Ebrahim Golestan grandit dans un milieu où règnent la littérature et les arts. Attribué en 1928, le patronyme de sa famille provient du nom du journal dirigé par son père. En 1941, après son baccalauréat, Ebrahim Golestan se rend à Téhéran pour suivre des études de Droit. C’est à cette occasion qu’il rencontre Sadegh Hedayat. En 1944, il entre à la Compagnie Pétrolière d’Iran (Anglo-persian Oil Compagny) et réalise des reportages pour la NBC et CBS. En 1946, il dirige les journaux Rahbar et Mardom, proches du parti communiste (Toudeh). C’est alors qu’il commence à publier ses premières nouvelles. Il est à Téhéran au moment du procès de Mohammad Mossadegh et rend compte de l’événement en réalisant plusieurs photographies qui sont les seuls clichés qui existent du procès.

En 1954, Ebrahim Golestan tourne son premier documentaire : Le Consortium et crée pour l’occasion le Studio Golestan (Sazman-e Film Golestan). Il commence alors une carrière de producteur et de documentariste récompensés dans de nombreux festivals à travers le monde. C’est au sein de ce studio que Forough Farrokhzad tourne La Maison est noire en 1962.

Après un premier court métrage de fiction, Arrangement pour mariage en 1962, il signe son premier long métrage, La Brique et le Miroir en 1964. Le film s’intéresse à Hashem, un chauffeur de taxi, qui un soir se retrouve seul avec un enfant abandonné par une femme mystérieuse en tchador noir. Réalisé en décors naturels et en format Scope, La Brique et le Miroir porte un regard critique sur la situation en Iran alors que se met en place la Révolution blanche et 15 ans avant la révolution de 1979.

De 1971 à 1973, de retour en Iran après avoir vécu en Angleterre après la mort de Forough Farrokhzad, Golestan travaille sur son deuxième long métrage Les Secrets du Trésor de la Vallée de Djin. En parallèle au film, il rédige un livre portant le même titre qu’il publie peu de temps avant la sortie du film. Après quelques jours d’exploitation, le long métrage est interdit. Golestan décide alors de quitter l’Iran pour l’Angleterre où il réside depuis.

Père du photographe Kaveh Golestan et grand-père du cinéaste Mani Haghighi, Ebrahim Golestan est également le traducteur en persan de Macbeth de William Shakespeare, Don Juan en enfer de Bernard Shaw, Les Aventures d’Huckleberry Finn de Mark Twain ainsi que des nouvelles d’Anton Tchekov, William Faulkner et Ernest Hemingway.

En juin 2016, la Trentième édition du festival de Bologne lui dédie une rétrospective sous le titre « Golestan Film Studio, Tra Poesia e Politica » (voir la vidéo) et en juin 2017 paraît en français, par Farid Esmaeelpour, la première monographie consacrée à son oeuvre de cinéaste sous le titre La Genèse du cinéma d’auteur iranien, Ebrahim Golestan (éd, L’Harmattan, 2017).

// Leçon de cinéma d’Ebrahim Golestan au Festival de Bologne, 28/06/2016 :

FILMOGRAPHIE

Longs métrages :

Les Secrets du trésor de la vallée de Djinn (Asrar Ganj Dareye Jenni), 1h53, 1973

La Brique et le miroir (Khest va Ayeneh), 2h, 1964

Courts métrages :

L’exposition commercial industrielle de Téhéran (Namayeshgah-e Bazargani), 45 mn, 1967

Les joyaux de la couronne de l’Iran (Ganjineh Haye Gohar), 14 mn, 1966

Récolte et semence (Kharman va Bazr), 28 mn, 1965

Les Collines de Marlik (Tappeh haye Marlik), 15 mn, 1963

Nous sommes des hommes (Ma adamim), 10 mn, 1961.

Arrangement pour mariage (Khastegar), 15 mn, 1962

Les Paysages (Cheshm andaz-ha), série de 6 courts métrages, 1957-1962

De la Vague, du corail, de la roche (Moj, Marjan, Khara), 40 mn, 1961

Un feu (Yek Atash), 25 mn, 1961

D’une Goutte à la mer (Az Ghatereh ta darya), 30 mn, 1957